Tunnel, vidéo, Bosnia y herzégovina, 2017.

AVANT-PROPOS

Le travail de Camille Bleu-Valentin explore la force du paradoxe, la contradiction, la tension et l’ambivalence; et sonde l’état d’urgence actuel du monde. Organisée autour de plusieurs situations  post-conflits, elle cherche à réfléchir sur la densité du présent, sur le pouvoir de l’imaginaire, du visionnaire et peut être de l’hallucinatoire. Elle matérialise les images d'un monde actuel rêvé, disons plutôt qu'elle rêve sa réalité. L’imagination est à son sens la première des émancipations. À la portée de tous, elle ne demande rien d'autre que d'être soi même.

Chaque image a un effet, et son travail est conçu comme une réflexion sur ces effets, à travers leur détournement . Elle croit à l’importance de la création de l’image – et plus particulièrement de la belle image, aussi fictionnelle, rare ou travestie qu’elle puisse paraître – en tant qu’action qui lui permet de mettre en scène sa propre position idéologique.

Quand elle "fait image", il peut néanmoins très bien s'agir de sculptures. Dans l'optique où la sculpture est un moyen d'ancrer l'image dans le lieu et dans le corps.

Pour être plus précis, c'est aussi à travers l'image que l'artiste questionne l'esthétisme, ou bien, dit autrement :

La beauté. 
En effet de par sa subjectivité la beauté est depuis toujours l’un des paramètres les plus violents et les plus arbitraires de la pensée occidentale. Interrogeons-nous : La beauté est-elle toujours le début de la terreur ? Y’a-t-il une beauté qui ne soit pas terrible ? L’émergence de la beauté adoucit-elle la brutalité du réel ou n’en renforce-t-elle pas au contraire les horreurs ?

"La question de la violence des images se pose tout autrement que prévu. Plus encore elle se dédouble : y'a t'il des formes de visibilité qui maintiennent les sujets dans les ténèbres des identifications mortifères alors que d'autres images, qui peuvent être lourdes de contenus tout aussi violents, permettent de construire du sens en évitant toute confusion ?»  
 
L'image peut-elle tuer ? Marie-José Mondzain.